CHRONIQUE 8

ARPAJON UN VIEUX COEUR DU HUREPOIX AU CENTRE DE L'ESSONNE

6/30/20262 min read

Arpajon fut longtemps connue sous le nom de Châtres, petite cité commerçante du Hurepoix installée au bord de l’Orge, au carrefour des routes entre Paris, Étampes et Dourdan.

En 1720, le marquis Louis d’Arpajon obtient du roi que la ville prenne son nom. La tradition locale raconte que ce changement aurait été imposé aux habitants à coups de bâton, anecdote devenue célèbre dans la mémoire populaire.

Cette histoire explique aussi le lien symbolique entretenu avec Arpajon-sur-Cère (Cantal) , autre commune portant le nom des Arpajon.

Ville de marchés et de foires, Arpajon s’est développée autour de sa grande halle. Son passé agricole reste attaché à la Foire aux Haricots, créée en 1922 pour célébrer le maraîchage local qui alimentait autrefois les Halles de Paris.

Aujourd’hui devenue plus festive, commerciale et ludique, la manifestation n’est plus qu’un lointain souvenir du monde paysan qui entourait jadis la ville. Arpajon vit aussi naître Félix Potin, parti faire fortune à Paris avant de révolutionner le commerce alimentaire français.

À partir de 1894, le tacot de l’Arpajonnais relie Paris aux campagnes du Hurepoix. Ce petit train transportant voyageurs et légumes symbolise déjà le rapprochement entre la campagne essonnienne et la capitale.

La ville connaît également une importante activité industrielle avec l’usine de chaussures de Maurice Morel, tandis que la nationale 20 devient au début du XX siècle un terrain de records automobiles.

Arpajon possède aussi un patrimoine inattendu : le Pavillon tonkinois, l’une des curiosités les plus insolites de la ville. Cette petite pagode d’inspiration vietnamienne fut achetée après l’Exposition universelle de 1889 par un propriétaire arpajonnais afin d’orner la villa « La Source », rue Henri-Barbusse.

À la fin du XIX siècle, Arpajon devient en effet une petite ville de promenade et de villégiature accessible par le train. Des bourgeois parisiens viennent y faire construire villas pittoresques et jardins d’agrément dans un décor encore très champêtre.

La mémoire locale reste aussi marquée par le docteur Babin, médecin des pauvres et résistant, fusillé à de Châteaubriant durant l’Occupation.

Grâce à ses rues anciennes et son atmosphère de petite ville populaire, Arpajon servira également de décor à plusieurs films comme « Paris brûle-t-il ? » de René Clément, avec une Simone Signoret, patronne de café sur la place de la Halle, » ou encore « Trois zéros » de Fabien Oteniente, avec un Ticky Holgado qui fait du vélo toujours sur la Place.

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville se transforme profondément. Desservie par la ligne C du RER vers Dourdan et traversée par la RN 20, elle devient progressivement une commune de grande banlieue intégrée à l’expansion parisienne.

Depuis le mitant des années 60, les campagnes du Hurepoix sont peu à peu grignotées par les lotissements et les zones commerciales.Avec Saint-Germain-lès-Arpajon, La Norville et Égly, Arpajon forme aujourd’hui une agglomération de plus de 40 000 habitants.

Malgré la fermeture du tribunal ou de l’ancienne auberge de jeunesse, la ville conserve un rôle essentiel dans le centre de l’Essonne, même si Brétigny-sur-Orge concurrence désormais sa centralité.

Le long des bords de l’Orge subsistent pourtant encore des fragments du vieux Hurepoix : promenades ombragées, petits ponts, souvenirs de guinguettes et traces d’une petite ville de campagne devenue, au fil du temps, une ville de grande banlieue sans totalement perdre son âme.

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