CHRONIQUE 21

LA CARTE ET LE TERRITOIRE;

Née le 1er janvier 1968 de la division de l'ancien département de Seine-et-Oise, l'Essonne est l'un des plus jeunes départements français. Son territoire n'en est pas moins riche d'une histoire plusieurs fois millénaire.Entre Hurepoix, Beauce, Gâtinais français, Brie française et vallée de la Seine, il rassemble des paysages, des cultures et des identités qui font toute l'originalité du sud francilien.

Avec une superficie de 1 804 km², l'Essonne est le troisième département de la grande couronne francilienne, derrière la Seine-et-Marne et les Yvelines. Il s'étire sur près de quatre-vingts kilomètres entre les portes de Paris et les vastes plaines de Beauce, offrant un étonnant condensé de l'Île-de-France.

Le département est limité par les Yvelines à l'ouest, le Val-d'Oise au nord-ouest, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne au nord, la Seine-et-Marne à l'est, le Loiret au sud et l'Eure-et-Loir au sud-ouest. Cette position de carrefour explique son développement historique, économique et démographique.

Aujourd'hui, l'Essonne compte 194 communes, réparties dans trois arrondissements : Étampes (75 communes), Évry-Courcouronnes (51 communes) et Palaiseau (68 communes). Le département est également organisé en 21 cantons, 10 circonscriptions législatives et plusieurs intercommunalités qui structurent l'action publique à l'échelle locale.

Les trois arrondissements illustrent parfaitement les contrastes essonniens. Celui d'Étampes couvre près de la moitié de la superficie départementale mais ne rassemble qu'environ un habitant sur dix. À l'inverse, les arrondissements de Palaiseau et d'Évry-Courcouronnes concentrent près de neuf Essonniens sur dix sur un peu plus de la moitié du territoire.

Le nord est fortement urbanisé, marqué par les grands pôles économiques, universitaires et scientifiques, tandis que le sud demeure largement rural, agricole et forestier. L'organisation territoriale a accompagné cette croissance. À sa création, l'Essonne ne compte que quatre circonscriptions législatives pour 670 000 habitants tandis que La Lozère en avait 2 pour 75 000 habitants !

Le développement démographique conduit progressivement à leur augmentation jusqu'aux dix circonscriptions actuelles actées en 1988.Le découpage cantonal suit la même évolution : 27 cantons en 1968, 35 en 1976, puis 42 en 1985, avant la réforme de 2015 qui ramène leur nombre à 21, avec une représentation désormais fondée sur l'équilibre démographique et la parité, avec toutefois une particularité, certains cantons sont a présent sur deux arrondissements (ex: celui de Dourdan, avec une partie nord sur Palaiseau, tandis que le reste est rattaché à Etampes).

La carte départementale n'a cessé d'évoluer. En 1969, Châteaufort et Toussus-le-Noble, un peu excentrés rejoignent finalement les Yvelines. En 1970, Dommerville, ancienne commune d'Eure-et-Loir, est rattachée à Angerville.

En 1977, naît la commune des Ulis, créée à partir de territoires d'Orsay et de Bures-sur-Yvette pour accompagner le développement de la ville nouvelle.

Plus récemment, le 1er janvier 2019, les fusions d'Évry avec Courcouronnes et de Méréville avec Estouches donnent naissance à Évry-Courcouronnes et au Mérévillois, portant définitivement le nombre de communes à 194.

L'histoire administrative conserve également quelques singularités. Jusqu'en 1966, Corbeil-Essonnes est chef-lieu d'arrondissement dans l'ancien département de Seine-et-Oise. Après la création de l'Essonne, la ville conserve le statut de sous-préfecture jusqu'en 2006, bien qu'elle ne soit plus chef-lieu d'arrondissement, une situation exceptionnelle.

Mais n’oublions par exemple que Pontoise est le chef-lieu de Jure du Val d’Oise même si la Préfecture et le Conseil Départemental sont installés à Cergy. Corbeil fut également pendant près de deux siècles un important centre judiciaire, avant le transfert progressif des juridictions vers Évry, comme cela a également été le cas pour la Chambre de Commerce.

Les contrastes apparaissent jusque dans les communes. Étampes est la plus vaste avec près de 41 km², tandis que Villiers-sur-Orge est la plus petite avec 1,78 km².Évry-Courcouronnes, avec 66 000 habitants est la commune la plus peuplée, alors que Roinvilliers demeure la moins peuplée du département avec ses 110 âmes.

Sur les 194 communes, 132 dépassent le seuil de 1 000 habitants, contre 62 qui restent en dessous, principalement dans le sud rural.

L'Essonne ne se résume pourtant pas à ses découpages administratifs.

D'autres territorialités se superposent : les pays historiques du Hurepoix, de la Beauce, du Gâtinais français et de la Brie française ; les vallées de la Seine, de l'Essonne, de l'Orge, de la Juine et de l'Yvette ; les grandes forêts de Sénart, de Dourdan ou des Trois Pignons ; les bassins de vie, les intercommunalités, les territoires agricoles, le plateau scientifique de Saclay, les réseaux de transport, les circonscriptions judiciaires et le diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes.

Toutes ces géographies se superposent sans toujours coïncider, révélant la richesse et la complexité du territoire.

Département jeune par son acte de naissance mais ancien par son histoire, l'Essonne est devenue en quelques décennies l'un des territoires les plus dynamiques de France.

Elle réunit les plus grands laboratoires de recherche européens, des pôles industriels majeurs, des terres agricoles parmi les plus fertiles du pays, des vallées préservées, des villes nouvelles et des villages qui ont su conserver leur âme.

Une carte n'est jamais un simple assemblage de frontières. Elle raconte les chemins des hommes, les caprices des rivières, les frontières mouvantes de l'histoire et les rêves de ceux qui bâtissent les territoires. Celle de l'Essonne est une mosaïque où chaque commune apporte sa couleur, où chaque vallée dessine une respiration et où chaque génération ajoute un trait nouveau.

Des blés de Beauce aux laboratoires du plateau de Saclay, des pavés d'Étampes aux quais de la Seine, l'Essonne rappelle qu'un territoire n'est jamais figé : il est une mémoire vivante, sans cesse enrichie par celles et ceux qui l'habitent et l'inventent.